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Interventions pour la prévention des inflammations de la muqueuse buccale chez les patients cancéreux sous traitement

Worthington HV, Clarkson JE, Eden TOB

Résumé en langue simplifiée

Interventions pour la prévention des inflammations de la muqueuse buccale chez les patients cancéreux sous traitement.


Plusieurs thérapies semblent soit prévenir soit réduire la sévérité des ulcères de la bouche causés par la chimiothérapie ou la radiothérapie utilisées contre les cancers. Les traitements contre le cancer (greffes de moelle osseuse inclues) peuvent causer des inflammations de la muqueuse buccale (de sévères ulcères dans la bouche). Cela entraîne un inconfort, des douleurs, des difficultés pour manger et de longs séjours hospitaliers. Différentes stratégies sont utilisées pour essayer de prévenir cette condition, et le recueil de nombreux articles montre que certaines sont efficaces. 4 traitements semblent prometteurs. Pour les patients avec des cancers du cou et de la tête ces traitements seront l’amifostine et des enzymes hydrolytiques. Pour les patients sous chimiothérapie avec 5-FU, de la glace peut être efficace. La médecine chinoise s’est aussi montrée utile chez les patients avec des cancers de la tête et du cou ou encore pour d’autres cancers solides.

This is a Cochrane review abstract and plain language summary, prepared and maintained by The Cochrane Collaboration, currently published in The Cochrane Database of Systematic Reviews 2009 Issue 1, Copyright © 2009 The Cochrane Collaboration. Published by John Wiley and Sons, Ltd.. The full text of the review is available in The Cochrane Library (ISSN 1464-780X). This record should be cited as: Worthington HV, Clarkson JE, Eden TOB. Interventions for preventing oral mucositis for patients with cancer receiving treatment. Cochrane Database of Systematic Reviews 2007, Issue 4. Art. No.: CD000978. DOI: 10.1002/14651858.CD000978.pub3. This version first published online: January 24. 2000 Last assessed as up-to-date: August 21. 2007

Date de traduction : 01/01/09

Résumé
Contexte
Les traitements contre le cancer sont de plus en plus efficaces mais ils sont aussi associés avec des effets secondaires à court et long terme. Les effets secondaires buccaux restent une source majeure de maladie malgré l’utilisation d’une grande variété d’agents pour les prévenir. Un de ces effets secondaires est la l’inflammation de la muqueuse buccale, ou mucite (ulcère de la bouche).
Objectifs
Evaluer l’efficacité d’agents prophylactiques contre la mucite orale chez les patients qui suivent un traitement contre le cancer, par comparaison avec d’autres traitements potentiellement actifs, des placebo et aucun traitement.
Stratégie de recherche
Nous avons fait des recherches dans la Cochrane Oral Health Group Trials Register, la Cochrane Central Register of Controlled Trials (CENTRAL), MEDLINE et EMBASE. Les bibliographies des articles pertinents ont été parcourues et les auteurs ont été contactés pour identifier les essais et obtenir des informations supplémentaires. Les dates des recherches les plus récentes sont : Juin 2006 CENTRAL (The Cochrane Library, Issue 2).
Critères de sélection
Les études ont été sélectionnées selon les critères suivants : Conception : choix aléatoire des participants Participants : quiconque ayant un cancer et qui suivent une chimiothérapie ou une radiothérapie contre le cancer Traitements : des agents prescrits pour prévenir la mucite orale Critère de jugement : prévention des mucites, douleurs, niveau d’analgésie, dysphagie, infection systémique, durée d’hospitalisation, coût et qualité de vie du patient.
Recueil des données et analyse
Des informations concernant les méthodes, les participants, les traitements, les mesures et les résultats ont été extraites indépendamment, en double, par deux auteurs. Les auteurs ont été contactés pour obtenir des détails sur la randomisation, sur les perdus de vue et une évaluation de qualité a été faite. Les recommandations statistiques de la Cochrane Collaboration ont été suivies et les risques relatifs calculés en utilisant des modèles à effets aléatoires.
Résultats principaux
277 études étaient éligibles. 188 ont été exclues pour diverses raisons, surtout parce qu’elles ne contenaient aucune information utilisable sur la mucite. Sur les 89 études utilisables, toutes avaient des données sur la mucite en mettaient en jeu 7523 patients randomisés. Les traitements évalués étaient : l’acyclovir, le bain de bouche à l’allopurinol, l’aloe vera, des pâtes ou des pastilles antibiotiques, de la benzydamine, des béta-carotène, du phosphate de calcium, de la camomille, de la médecine chinoise, de la chlorhexidine, de l’étoposide, de l’acide folinique, de la glutamine, du GM-CSF, du gel d’histamine, du miel, des enzymes hydrolytiques, de l’iseganan, du GF kératinocyte, du misonidazole, de la pilocarpine, du pentoxifylline, de la povidone, de la prednisone, de la propantheline anticholinergique, des prostaglandines, du sulcrafalte, de la clarithromycine en antibiothérapie systémique, du traumeel et du sulfate de zinc. Sur 33 traitements inclus dans les essais, 12 ont montré des preuves d’un bénéfice (bien que minime parfois) soit pour prévenir soit pour réduire la gravité de la mucite. Pour certains traitements il y avait plus d’un essai dans la méta-analyse trouvant une différence significative après comparaison avec un placebo ou aucun traitement : - L’amifostine qui donnait un bénéfice minimal dans la prévention des mucites légères et modérées RR = 0,95 (intervalle de confiance à 95% IC entre 0,92 et 0,98) et 0,88 (95% IC entre 0,80 et 0,98). - La médecine chinoise montre un bénéfice pour les trois variables dichotomiques de la mucite avec des valeurs de RR de 0,44 (95% IC entre 0,20 et 0,96), 0,44 (95% IC entre 0,33 et 0,59) et 0,16 (95% IC entre 0,07 et 0,35) pour des niveaux de sévérité en augmentation de la mucite. - Les enzymes hydrolytiques réduisent les mucites modérées et sévères avec un RR = 0,52 (95% IC entre 0,36 et 0,74) et 0,17 (95% IC entre 0,06 et 0,52). - Les copeaux de glace préviennent la mucite de n’importe quel degré avec RR = 0,64 (95% IC entre 0,50 et 0,82), 0,38 (95% IC entre 0,23 et 0,62) et 0,17 (95% IC entre 0 ,12 et 0,48). D’autres traitements montrant des bénéfices dans seulement une étude étaient : la benzydamine, le phosphate de calcium, le bolus étoposide, le miel, l’iseganan, les soins oraux, le sulfate de zinc. La conception générale de l’étude, notamment l’allocation de randomisation était faible. Cependant, l’évaluation de la qualité de la randomisation s’est améliorée quand les auteurs ont fourni des informations supplémentaires
Conclusions des auteurs
Plusieurs traitements ont montré des effets bénéfiques pour la prévention ou la réduction de la sévérité de la mucite associée au traitement des cancers. La preuve de cette efficacité était variable et cela implique qu’en pratique il faut considérer que les bénéfices puissent être propres à certains types de cancers et de traitements. Il est nécessaire d’opter pour des essais mieux conçus et mieux conduits avec un nombre suffisant de participants pour réussir des analyses en sous-groupes par type de maladie et d’agent chimiothérapeutique.
Mise à jour le Samedi, 30 Mai 2009 14:31